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Photographie numérique,
Être arbre
2018




DÉMARCHE PERSONNELE




“On a oublié simplement le sens profond du mot paysage. Moi, je vois autour de moi des traités du paysage qui ne s’aperçoivent pas que paysage est un mot qui dérive du vieux mot latin pagus qui a donné le mot paysan, qui a donné par la suite le mot païen, c’est à dire qui est la religion fondamentale de celui qui a un rapport direct à la terre ; le paganisme, païen, paysan c’est le même mot, mais on a surtout oublié le rapport extraordinairement profond qu’il y a entre paysage, paysan, païen et la paix.” (M. Serres)


Mes racines paysannes et les enjeux contemporains de ma Colombie natale constituent souvent le point de départ de ma réflexion. Mon art est pourtant lié aux lieux où je le pratique et les idées qui en ressortent ont une portée universelle.

À partir des “trouvailles”* ou des recherches insitu je crée des scènes multimedia fictionnels qui donnent à voir une situation environemmentale, sociale, politique donnée.Je tiens à fabriquer ses autoconstructions qui multiplient les points de vues.

Des actions et des activations sont souvent réalisées. Elles ont lieu soit à l’intérieur même de l’image, où je me mets en scène; soit dans des ateliers à pédagogie horizontale avec des habitants du territoire; soit dans l’espace d’exposition par de performances avec des tiers invités.

J’ai récemment travaillé sur une idée de l’Anthropocène. A travers des symboles**, je montre une terre et une humanité qui se transforment en profondeur. Dans le même sens, je m’intéresse actuellement à la transmission des savoirs. 


*    Trouvailles : au sens borgien, comme M. Untel dans son compte “Un Monument”, dan “Atlas”, une espèce de chasse mentale, comme chasseuse de surprises. 
**  Symboles : une espèce d’arbre qui meurt, une paysan.ne vaincu.e, des triangles qui contiennent de la terre et de semences, une constellation d’objets de rebours au lieu des étoiles, une mère-terre sur un radeau, ainsi de suite.





ANA